CINECARS

CHRISTINE

Pour inaugurer cette rubrique consacrée aux autos stars, j'ai choisi un film que j'adore ! Christine, l'histoire d'une Plymouth Fury ayant une âme et une relation dévorante avec son propriétaire...


Synopsis: La première fois qu' Arnie vit Christine, il tomba en extase devant cette beauté aux formes éblouissantes. C'était fait, ils allaient lier leurs destins pour le meilleurs et surtout le pire. Mais Christine, la Plymouth n'est pas votre voisine de bureau, elle n'aime pas beaucoup les rivales et gare à ceux qui voudront approcher Arnie!



La bagnole, depuis ma plus tendre enfance, a toujours fait partie de mon quotidien: les jouets comme les petites voitures ou les Legos pour s' amuser pendant des heures, ensuite les dessins animés mais toujours avec des autos (Bumbo, Transformer, Mask, Pole Position ou Turbo Teen...). Puis en grandissant, il y a les séries, tel que CHIPS, K2000, A-team et les films.
Des films sortis dans les années 80/90, celui m'ayant marqué en particulier est l'adaptation du roman de Stephen King, Christine.


Le roman de Mr King sortira en 1983 et le film en 1984, un délai court qui s' explique par le fait que l'écrivain a vendu les droits avant même d'avoir terminé son oeuvre. Dans ce teen-movie, nous suivons principalement le parcours de Arnie (Keith Gordon), l' archétype même du loser ringard de nombreux films des années 80" (ado au physique peu avantageux et accessoires ridicule).



Dans son lycée, il est également le souffre-douleur d'une bande de jeunes adultes en blousons noirs. A la maison c'est pas mieux, les parents sont très vielles écoles dans son éducation, les études avant les filles, soirée avec les parents plutôt que de sortir avec son meilleur ami Dennis (John Stockwell), Le pote beau gosse et sportif faisant chavirer les cœurs.
L'histoire devient intéressante lorsque notre loser tombe sur la Fury de 58, à l'abandon dans le jardin d'un vieux barbu. 21 ans avant cette rencontre, Christine fera sa première victime sur la chaîne de production de Détroit: Un employé négligeant fait tomber les cendres de son cigare dans l' habitacle.


Notre protagoniste tombe sur le charme délabré de la Plymouth, il l'achète en dépit des conseils de son ami lui conseillant de se prendre une autre caisse. Suite à l'achat, notre ami va en échange de services dans une casse, retaper l'objet de ses désires et en parallèle à la restauration va lui même se métamorphoser.


Les deux sont totalement transformés (voiture et proprio), Arnie sort avec la belle Leigh, il a gagné en assurance mais n'admet aucunes critiques sur son auto. Christine, quand à elle, va vite faire comprendre à cette prétendante qu' il va y avoir de l' eau dans le gaz...


OK, SHOW ME...

La Fury à sa sortie, est la variante sportive de la fade Plymouth Belveder. Uniquement proposée en version coupé 4 places sans montant en bi-ton rouge/blanc. La voiture est capable d'atteindre les 200 km/h, mais ce qui a marqué l'écrivain pour intégrer ce modèle au roman c' est le look général de l'auto avec ses grandes ailes. King mentionne une voiture à quatre portes, comme la Belvedere qui existe bien dans cette configuration mais pas la Fury que Carpenter choisit, pas grave ce modèle fera le succès du film. 
Ce modèle sied à merveille au personnage de Christine. Son nom comporte un soupçon d’irrationalité pseudo mythique qui colle au démon mécanique. Son look de berline des années 50, ne nous laisse pas réellement présager de la folie meurtrière qui l' habite, mais en l’examinant de plus près, la forme arrondie du capot au-dessus des phares toujours allumés, son  pare-choc avant imposant et les vitres teintées lui donnent un air de prédateur.
Environs 5000 exemplaires furent produits, ce qui en fait une petite curiosité automobile vu le peu d'autos encore présentes sur les routes. Sous le capot, elle pouvait embarquer un moteur V8 5.2 de 290 chevaux ou 5.7 de 305ch. 



Sur cette vidéo, si vous regardez sous le capot de la Camaro... pas de moteur!


Pour les besoins du film, la production achète vingt trois autos, essentiellement des Belvedere ou Savoy pour les grimer en Fury par l' équipe de tournage. Suite à la diffusion en salle, la côte du coupé a explosé. 
Le garage de Darnell est en fait une ancienne usine de l'époque de la Seconde Guerre mondiale située à Irwindale. Seulement une moitié de l'intérieur est utilisée comme décor, l'autre est utilisée pour d'éventuelles réparations de certains exemplaires de la Plymouth. Car, oui, dans la vrai vie Christine ne se répare pas toute seule, cette scène culte du film s'est faite au montage. Kobritz et Carpenter ayant envisagé à l'origine de faire resurgir la voiture intacte, sans transition. Les plans composant cette séquence sont réalisés en écrasant la voiture par pression hydraulique au niveau des pièces cadrées. Cette scène est montée en marche arrière, les déformations semblent disparaître comme par enchantement.


- Petite anecdote: la couleur rouge de la carrosserie de Christine n'était pas proposée au catalogue constructeur. 
- Autre anecdote amusante, la première scène du film se déroule dans l' usine de montage (avec le bon son de George Thorogood : Bad to the Bone).  Toutes les Fury sont beiges mais au beau milieu de la chaîne, on remarque notre starlette pétante de rouge. Normalement, en 58, s'il y avait eu une voiture d'une autre couleur dans une série, elle aurait été fabriquée au début ou à la fin de la chaîne de montage. Sinon, il aurait fallu aux employés vider les bacs beiges, les remplir de rouge pour ensuite revenir au beige. 
- Troisième anecdote, à quelques reprises, nous voyons très bien les portes se verrouiller toutes seules, le bouton situé sur le dessus de la contre-porte s'abaisse comme par magie. Sauf que les Fury 58 ne possèdent pas de tels boutons ! Ils sont placés plus bas, près de la poignée de porte. 
- Dernière anecdote, le son du moteur de Christine a été réalisé en studio. Le V8 350 Golden Commando a donc dû laisser sa place au son plus lourd d'un 428 SCJ de Mustang 1970.




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